Dead & Company – Review du 30.10.2015

Allez on commence l’année avec une petite review !

Si vous vous êtes intéressés un minimum à l’actualité de John ces derniers mois vous savez donc qu’il a rejoint le groupe Grateful Dead, le temps d’une tournée, enfin du moins, car si on lit les éloges faites dans les différentes reviews après leurs series de concerts il va peut être rester plus longtemps et contribuer au grand retour du groupe psyché des années soixante dix sur scène.

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Dead & Company 2015

 

Voila pourquoi je voulais partager avec vous cette review du concert d’Halloween au Madison Square Garden de New York le 31 Octobre dernier, publié dans le Rolling Stone Magazine. Enjoy !

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Depuis la disparition de leur membre leader  Jerry Garcia, l’idée d’un chanteur-guitariste sur scène avec les membres survivants des Grateful Dead, n’a jamais fait autant parler.

Mais maintenant que 20 années ont passé depuis le décès de Garcia, le remplacement de ce dernier est devenu normal. Les shows sont tout d’abord basés sur la musicalité et la durabilité des chansons, et cela ne choque plus d’entendre Lesh, Bob Weir ou bien d’autres musiciens capables comme Warren Haynes, John Kadlecik ou Jackie Greene chanter les chansons de Garcia, et les guitaristes rejouer leurs classiques.

Bien avant même que les membres  de la bande jouent leurs cinq shows de retrouvailles cet été, des rumeurs ont commencé à circuler disant que Weir et les batteurs Bill Kreutzmann et Mickey Hart reviendraient en tournée à l’automne avec John Mayer.

Même dans le nouveau monde, le scénario post-Garcia, la pensée de Mayer pour ce remplacement était vraiment déconcertante.

De tous les guitaristes qui se sont essayé à ce jeu, Mayer et son style semblent les moins compatibles. Son jeu est propre, fluide et précis – il est facile de l’imaginer dans un groupe « fusion » des années soixante-dix -, mais pourrait-il redorer l’âme et le jam du groupe, et pourrait-il s’intégrer dans le genre si particulier des « Dead » ?

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Le nouveau groupe, baptisé « Dead & Company », fusionne donc les trois membres des « Dead » avec Mayer, le claviériste de longue date de l’après Garcia, Jeff Chimenti, et le bassiste Oteil Burbridge des Allman Brothers

Le groupe a fait ses débuts à Albany le 29 Octobre, et le jour d’Halloween le groupe a joué la première de trois nuits au Madison Square Garden de New York.

Avec la présence lumineuse de Mayer et l’absence de Lesh, qui jouait avec son propre groupe le soir même au Théâtre Capitol à proximité de Port Chester – Dead and Company avaient beaucoup à prouver et ils ont réussi : Jouer avec puissance et autorité dès le début, le groupe a montré qu’il était encore bien vivant non seulement après Garcia mais après Lesh et Fare Thee Well.

Burbridge à un style plus fluide et moins agressif que Lesh, et Mayer est un chanteur très différent qu’Anastasio à Chicago. Anastasio rayonne, une ambiance joviale béatifique; par comparaison, Mayer, qui avait l’air assuré et confiant toute la soirée a bel et bien rempli le contrat (c’est aussi un chanteur moins distinctifs que ses prédécesseurs).

Dès le début, avec un jam d’ouverture tronqué qui conduira vers « Jack Straw » Mayer ne se pavanait pas; avec un minimum de « guitar faces » appréciable, il était déterminé à montrer qu’il était à la fois un étudiant respectueux et un digne successeur de Garcia, et il a maintenu le cap toute la nuit.

Il a nous a beaucoup rappelé Garcia au cours de son jeu. Et au cours de ses solos prolongés dans « Deal » et d’autres, la foule l’a accueilli avec rugissements.

Avec cette setlist, pour ce show du moins, le groupe a largement joué la sécurité. Rappelant la première soirée « Fare Thee Well » à Chicago, dominée par le répertoire des Dead des années soixante-dix.

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Weir et Mayer ont alterné les chants, avec l’intensification de Mayer sur « Brown Eyed-Women », « Deal » et le « Althea » des années 80.

Certaines règles des « Dead » sont restées intactes. Au cours du show qui a duré quatre heures, et qui comprenait un entracte de 45 minutes à peu près, seul Weir s’est adressé à la foule, seulement lors d’une brève salutation et l’annonce de la pause.

Tout comme au bon vieux temps « China Cat Sunflower »  a précédé « I Know You Rider » et Weir et Mayer ont échangé des versets sur « Jack Straw » tout comme Weir et Garcia le faisait tant de fois à l’époque.

De même lors des quelques spectacles donnés pour  Halloween pendant l’ère Garcia, ils ont tout donné pour « Werewolves Of London » de Warren Zevon.  Et au cours du deuxième set, ils ont joué les inévitables « Drums » et «Space».

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On peut admirer que la détermination de Mayer semblait alimenter le reste de la bande, qui semblait avoir plus répété que lors du show « Fare Thee Well ».

Mayer  à bien su creuser les riffs dans « New Speedway Boogie » et Willie Dixon à bien su faire sortir le coté funky de « Wang Dang Doodle » un autre grand classique de l’ère Garcia.

Le chant et la puissance vocale de Mayer ont guidés le groupe de façon plutôt impressionnante sur l’un des morceaux les plus délicat de la soirée « Terrapin Station ».

Le jeu de Hart et Kreutzmann’s sur « Drums » et « Space » était particulièrement tribal et envoutant, aussi Weir semblait concentré comme jamais auparavant.

Le moment crucial est arrivé deux chansons avant la fin du spectacle, avec les notes d’ouverture de « Morning Dew ».

Ce soir, Weir a chanté la part de Garcia, mais on peut avouer sans conteste que Mayer était au-dessus, son solo  a transporté le groupe entier, mais il a aussi donné à la chanson un nouveau son, plus frais.

La vie après Garcia ne sera jamais la même, mais des moments comme celui qu’on a vécu fait preuve de l’héritage des « Dead »: la joie de l’inattendu, une immense surprise.

 

 

 

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